Octobre : Les 10 gestes du mois pour préserver la biodiversité*


1. Je préserve les vers de terre

Les vers de terre sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire. Ils recyclent en permanence la matière organique, telles les feuilles mortes et autres plantes en décomposition. Ils collaborent ainsi à la production d'un bon humus et garantissent la fertilité du sol où poussent les fruits et légumes que nous consommons.

De plus, leurs galeries ameublissent le sol, ce qui permet aux racines de bien se développer et à l'eau de s'infiltrer rapidement et profondément, là ou elle peut être absorbée par les végétaux. Cela limite aussi les phénomènes de ruisselement et d'érosion lors des fortes pluies.

Protégez ces précieux auxiliaires en n'utilisant aucun engrais ou pesticide chimique et en travaillant la terre avec une grelinette.



2. Je fournis un abri hivernal aux hérissons

Friand d'insectes, de limaces et même de petits rongeurs à l'occasion, le hérisson est apprécié des jardiniers. Ménagez-lui un passage dans la clotûre ou le muret qui ceinture votre jardin et offrez-lui un refuge pour l'hiver dans un coin calme: un simple tas de bois ou des feuilles à l'ombre et à l'abri des intempéries, ou une caisse en bois, retournée et placée sous un buisson, avec une entrée de 10-15 cm de côté et un tunnel d'accès (un tuyau de 12-15 cm de diamètre). Posez à proximité du foin et des feuilles mortes pour sa litière.

Prévoyez éventuellement de l'eau et des morceaux de fruits ou des aliments pour chats et chiens (mais ni lait ni pain): il se réveille de temps en temps pour se nourrir et se dégourdir un peu.



3. Je favorise la biodiversité sur mon lieu de travail

Vous (ré)aménagez des infrastructures? Veillez à les integrer au mieux dans la nature environnante. Maintenez ou développez autant que possible les arbres, haies diversifiées, étangs,...

Pour le bâtiment, la finition et le mobilier, optez pour des matériaux et produits écologiques, naturels, durables, recyclables et, si possible, d'origine locale. Limitez la consommation d'énergie non renouvelable et la production de déchets.

Vous réduirez ainsi l'empreinte écologique de votre entreprise tout en améliorant le cadre de travail, votre image de marque et la valeur marchande du site.



4. J'achète du miel chez un apiculteur local

L'abeille domestique récolte le nectar nécessaire à la production de miel en butinant les fleurs. Ce faisant, elle participe à leur pollinisation. En effet, dès qu'elle en visite une, des grains de pollen s'accrochent à ses poils. Et c'est ainsi qu'elle transporte le pollen de fleur en fleur et les féconde par la même occasion!

En achetant du miel produit localement, vous soutenez et favorisez le bon développement et la diversité de la flore de votre région!

Et si vous êtes sujet au rhume des foins, sachez qu'en consommant du miel issu de l'environnement immédiat (dans un rayon de 10 km), vous profitez d'un effet de désensibilisation grâce aux particules de polle qui se trouvent dans le miel.



5. Je remets dehors les cloportes égarés dans la maison

Le cloporte des murs n'est pas un insecte mais un crustacé comme les crevettes! Et c'est l'un des rares à vivre hors de l'eau. Néanmoins il se limite aux endroits très humides et sombres: dans les caves mal isolées, sous les pierres du jardin, derrière l'écorce des vieux arbres, dans les bois...

Si tu en vois dans une pièce chauffée, mets-le vite dehros, dans une zone ombragée du jardin: il ne faut que quelques heures pour qu'il se déssèche complètement!



6. Je prépare des la pâte à tartiner aux noisettes

C'est la pleine saison des noisettes. C'est l'occasion de faire une délicieuse pâte à tartiner aux noisettes et au cacao (mais sans huile de palme ni arôme artificiel!)

- Récoltez et décortiquez 200g de noisettes (il doit en rester au moins 100g une fois débarassées de leur coque). Réduisez-les en poudre en les écrasant.
- Dans un poelon, faites fondre à tout petit feu 120g de beurre, puis ajoutez-y 120g de miel et mélangez bien les deux avec un fouet.
- Ensuite, versez la poudre de noisettes et 2 cuillères à soupe de cacao en poudre, et mélangez à nouveau le tout.

Voilà c'est prêt. Il n' y plus qu'à conserver la pâte à tartiner au frais, dans un pot à confiture... et à vous régalez bien sûr!



7. Je découvre ce qui grouille sous les pavés

Une multitude de petits animaux vivent, se nourrissent, pondent leurs oeufs ou hibernent sous une pirre, un pavé, un morceau de bois mort... Soulevez délicatement cet abri pour observer la vie grouillante et captivante qui s'y cache (n'oubliez pas de le remettre en place après).

Les animaux que vous voyez sont des invertébrés. Vous reconnaîtrez sans problème une limace ou un ver de terre. Pour identifier les autres comptez leurs pattes: un insecte en a 6, une araignée 8, un crustacé (comme le cloporte) entre 10 et 18, et un mille-pattes plus de 20 bien sûr!

Ils sont une aide précieuse au jardin: ils décomposent les plantes et les animaux morts, ce qui enrichit le sol, ou l'ameublissent en y creusant des galeries.



8. Je ne jette pas de mégots par terre

Les filtres de cigarettes contiennent de l'acétate de cellulose. Ce produit peut prendre des années à se décomposer. Or, plus une matière organique se dégrade lentement, plus elle dégage de CO2, alimentant ainsi l'effet de serre. En outre, les polluants de la cigarette se concentrent dans le filtre au fur et à mesure qu'elle est fumée. Et quand un mégot est emporté par les eaux de ruisselement, il les contamine forcément.

Mais ce n'est pas tout! Les mégots représentent une menace pour la faune: oiseaux et poissons les confondent souvent avec de la nourriture. Et bien sûr, quand ils sont mal éteints, ils peuvent être à l'origine de terribles feux de forêts!

Conclusion: fumer n'est bon ni pour votre santé, ni pour la biodiversité.



9. J'étudie les pelotes de réjection

Les pelotes de réjection sont les restes de repas (poils, plumes, os...) que recrachent tous les oiseaux qui se nourrissent de petits animaux. Celles des rapaces nocturnes sont plus intéressantes car ils ne digèrent pas les os de leurs proies: elles vous permettront donc de savoir quels sont les petits rongeurs de la régions. Vous en trouverez près des nid ou des arbres où perchent hiboux et chouettes.

Pour étudier le contenu d'une pelote, faites-là tremper dans un bol d'eau: vous pourrez ainsi facilement séparer les os des poils et autres restes. A vec un bon guide sur les rongeurs, identifiez la proie grâce à son crâne, puis essayez de reconstituer son squelette (aidez-vous d'une pince à épiler pour les plus petits os).



10. Je vais écouter le brâme du cerf en forêt

C'est entre la fin septembre et le début novembre que le cerf entre en rut et brame. Son cri rauque s'entend à des kilomètres à la ronde. Plus il est puissant, plus il marque la dominance de son auteur sur les autres mâles des environs. Un cri retentissant est également le signe de la bonne santé et de la robustesse de celui qui le pousse, exactement ce que recherchent les femelles chez un mâle.

Pour aller écouter le cerf réer au crépuscule, faites-vous accompagner d'un guide: il connaît les règles à suivre pour ne pas déranger les cervidés et les meilleurs coins pour les entendre. Il pourra aussi attirer votre attention sur des traces de sangliers, des pelotes de réjection...


 

 

* issu du livre "366 gestes pour la biodiversité"

 

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